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Papillon ivre – Le voyage de Neal Fox & Jeremy Reed vers l’Au-delà

Les deux Love Lovers, le peintre Neal Fox & le poète Jeremy Reed montrent actuellement leur exposition Papillon ivre à la galerie Suzanne Tarasieve à Paris.
Le dimanche 22 mai de 16h à 19h aura lieu un finissage et un événement de lancement du livre de l’exposition. Bienvenue tout le monde!
(Le poèmesde Jeremy Reed ont été traduits en français par Lisa Marie Järlborn.)
En guise d’introduction à cette collaboration épique, Lisa Marie a plongé dans Papillon ivre pour vous raconter sa magie… bienvenus pour en savoir plus sur cette fantastique collaboration artistique.

Papillon ivre –

un voyage à l’au-délà avec Neal Fox & Jeremy Reed

 

Il était une fois, que le monde entier avait besoin de rêver, et Neal Fox rêvait. Accompagné des paroles de l’auteur et poète Jeremy Reed, l’artiste britannique a décidé de se réfugier sur une île grecque, quelque part dans l’ancienne mer Égée, pour développer sa peinture dans un lieu mythique, où le paysage n’a pas changé depuis des milliers d’années et les couleurs de chaque coucher de soleil sont plus psychédéliques que le LSD. Là, il a commencé à peindre une sorte d’au-delà où des dieux grecs, des icônes culturelles légendaires et les êtres chers perdus pouvaient se retrouver et revivre. Dans des situations imaginaires et fantastiques que le peintre appelle des « psychodrames », ces dieux et figures emblématiques rencontrent le Renard (Fox) et les habitants de l’île, buvant du vin, dansant et jouant de la musique dans une réalité alternative.

Fox le peintre et Reed le poète, bien que séparés dans l’espace (Jeremy vit à Londres), créent ensemble en s’inspirant des idées de l’autre ; Le poème de Jeremy inspirera une des peintures de Neal et vice versa. Dans cette collaboration, les deux artistes tissent l’histoire d’une île mystérieuse et psychédélique, qui commence dans une fumerie d’opium à Malte, appelée Drunken Butterfly (Papillon ivre).

C’est là que Scott Walker et William Burroughs rencontrent le Renard, alors qu’une geisha observe avec décadence Tintin, fumant tranquillement sa pipe sur un futon et qu’ils décident tous de partir en voyage, sur un vieux bateau à vapeur, pour retrouver l’île magique de leur destin.

 

Le capitaine du bateau est Neal Cassady, la muse de la Beat Generation et l’homonyme de Neal. Les parents de Fox, tous deux artistes, étaient de bons amis avec Carolyn Cassady, sa première femme. Dans leur quête de l’île, le vieux bateau à vapeur et son équipe font de nombreuses escales. Dionysos se joint à la fête et, tout en buvant du vin rouge, il commence à transformer les marins en dauphins. Popeye est également à bord et Cassady câline une sirène. On dirait qu’ils entrent dans une sorte de vortex.

Le défunt grand-père de Neal, John Watson, auteur, éditeur, animateur de télé et pilote de bombardier pendant la Seconde Guerre mondiale, surveille la proue du navire. Watson est une figure souvent récurrente dans les peintures et une sorte de guide spirituel à travers le récit, toujours représenté dans son pardessus et son chapeau noir.

Ils s’arrêtent ensuite pour aller chercher Lou Reed sur une autre île, où il joue de la guitare dans un champ de coquelicots. Poséidon l’écoute de l’océan. David Bowie fait la sieste sur le bateau dans un hamac bleu clair, bercé par Hypnos, le dieu des rêves. Dans un autre port, l’écrivain beat William Burroughs prend un café et une cigarette lorsque le dieu de l’amour gay, Antinoüs, sort de l’eau et Burroughs tombe désespérément amoureux de lui. L’écrivain est ensuite récupéré sur le pire, avec toutes ses valises, par l’équipe ivre du bateau à vapeur. Puis le Somnambule, c’est le nom du bateau, poursuit sa quête…

Sur l’île, Dennis Hopper tourne un film underground des années 60 avec Eros, le dieu de l’amour et Psyché, l’âme. Ils passent un moment de paresse au lit, tandis qu’un chat allume les projecteurs et que des statues de chats jaunes des Cyclades sont éclairées par un coucher de soleil psychédélique. C’est une scène colorée. Dans la maison du renard sur l’île, Eros fait une visite surprise, flottant comme un fantôme dans la pièce, tandis que Leonard Cohen regarde par la fenêtre, guitare à la main. Le renard dessine avec un chat femme fatale à ses côtés. C’est un rendez-vous entre amis.

Dans le village, Billie Holiday chante. Tout le monde est intoxiqué par le raki et la retsina, et le renard a une conversation avec son grand-père sur l’une des marches blanches et crayeuses peintes de cœurs, d’étoiles et d’amour.

Quelque part en arrière-plan, Tom Waits joue un piano ivre et Anita Berber joue aux échecs avec un serpent. Leonard Cohen allume la cigarette de la femme fatale Lola the Cat. (La plupart des “vraies personnes” de l’île sont représentées comme des chats, des ânes ou d’autres animaux, à l’exception du renard, qui est un renard.)

Bob Dylan enlève son masque et montre son vrai visage d’oiseau perlé, à côté de Bowie qui est assis tout nu dans sa peau d’extraterrestre avec son visage posé à côté de lui. Ils sont tombés sur terre et maintenant ils profitent d’une fête païenne dans un ancien temple.

Cela ressemble à un rêve, n’est-ce pas?

Pourtant, les rêveurs sont réels…

Neal Fox a commencé à dessiner enfant, son père Jeremy Fox est un artiste, tout comme son frère Leigh Fox. Neal a grandi entouré d’art et de littérature, ainsi que des contes de son grand-père légendaire John Watson, une figure créative et énigmatique, qui a dû très jeune rejoindre l’armée et bombarder l’Allemagne en tant qu’aviateur pendant la Seconde Guerre mondiale. Une expérience qui l’a traumatisé à vie. Plus tard, il a écrit des livres de pulp fiction pour gagner sa vie, puis est devenu un “écrivain sérieux” lorsqu’il a écrit le roman Johnny Kinsman sur ses expériences de la guerre, puis, qui l’aurait deviné, il est devenu animateur d’une émission de télé, interviewant des gens comme Cary Grant, Walt Disney et Steve McQueen. Watson apparaît dans de nombreuses peintures de Neal comme une sorte de guide et un lien intime entre le renard et l’au-delà qu’il crée et imagine.

Comme mentionné précédemment, Neal a également été imprégné des écrits de la Beat Generation, sa famille étant des fans et même de bons amis avec Carolyn Cassady.

Neal est diplômé du Royal Collage of Art de Londres et a ensuite créé le collectif Le Gun avec ses collègues artistes Robert Rubbish, Bill Bragg, Chris Bianchi et Steph von Reiswitz. Le groupe de cinq dessinait et peignait ensemble à l’encre noire, créant des mondes entiers d’images qui ressemblaient aux œuvres d’un artiste de pieuvre géante. Le groupe publie également le magazine annuel Le Gun.

Il y a une quinzaine d’années, Neal Fox a rencontré l’auteur Jeremy Reed, présenté par Aaron Budnik, une légende lui-même (une autre histoire) et les deux sont devenus amis. C’était dans la librairie d’Aaron, Red Snapper Books, à Londres, Soho. Reed, qui est entre 15 et 20 ans l’aîné de Neal, était déjà un poète et auteur renommé. À ce jour, il a écrit plus de 20 recueils de poésie, 12 romans et de nombreux ouvrages de critique littéraire et musicale. Jeremy écrit tout à l’encre violette, à la main et travaille généralement 7 heures consécutives par jour. Il interprète souvent sa poésie sur la musique de Ginger Light et travaille actuellement sur un roman sur Sylvia Plath et sur Francis Bacon. Il vit près du fantôme de John Keats sur Hampstead Heath à Londres.

Il n’est pas difficile de voir pourquoi les esprits de ces deux artistes travaillent ensemble. On pourrait dire que leurs rêves et leur imagination s’entremêlent. Les dieux grecs, les superstars mortes et les êtres chers perdus depuis longtemps vivant dans leur imagination et leur art représentent des archétypes et des idées qui font écho à l’éternel.

Drunken Butterfly est le rêve épique partagé de Neal Fox et Jeremy Reed. C’est un voyage dans l’inconnu, que l’on pourrait appeler l’au-delà. C’est aussi une quête pour tous les chercheurs, à la recherche de la magie et de la poésie de la vie. Grâce à Drunken Butterfly, il n’est pas difficile à trouver. Il est peint et écrit à la vue de tous. Il y a une île magique où nous pouvons tous aller. Et où les morts sont vivants, aussi.